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Les Allemands en déroute: fuir, fuir jusqu'à l'épuisement

L'arrivée des Américans à Avranches stoppe les Allemands en fuite. Il ne leur reste qu'une solution pour se mettre à l'abri en Bretagne, traverser les grèves dangereuses de la baie du Mont-Saint­Michel.


(Photo Mémorial de Caen - reproduction interdite)
A les Américains arrivent dans les environs d'Avranches vers 18h, le dimanche 30 Juillet. Ils sont gênés dans leur progression par les convois et attelages allemands détruits par l'aviation alliée.

Saint-Léonard, la Vacquerie, 2 h, 31 juillet. François Turgot, pêcheur à pied, est réveillé par les aboiements de son chien. Il ouvre la porte et découvre, stupéfait, 100 soldats SS au garde à vous dans sa cour. « Pas un ne bougeait », se rappelle son fils Marcel. « L'officier, qui parlait français, a exigé poliment que mon père lui fasse traverser la grève. Mon père n'était pas rassuré car il craignait de ne pas en réchapper. » La troupe franchit la Sée, I'herbu de Vains n'existait pas à l'époque: « Mon père les a laissés au bout de l'herbu du Val-Saint-Père. Il leur restait la Sélune à passer ». L'officier SS sera blessé à Pontorson, hospitalisé à Paris. Il reviendra à la Vacquerie en 1974. C'était un pasteur dénommé H. Jacob. Il m a dit:
« Votre père m'a sauvé la vie. La plus grande peur que j'ai eue de toute la guerre, ça a été la traversée de la Sélune. »


(Photo R.Nolleau - reproduction interdite)
Les Allemands, en fuite, viennent de traverser les grèves à partir de Genêts.Epuisés, ils s'écroulent devant la poste du Mont-Saint-Michel.

Des Allemands enlisent Rue
Chevret, six chevaux, une roulante et une 201 Peugeot .Nous avons pu les dégager avec des attelages, sauf la roulante... D'autres s'engagent dans la baie à partir de la Chaussée. « Il y avait peu de danger, car nous étions en morte-eau ».

Depuis la percée, les Allemands, vaincus, fuient en masse. 20.000 hommes sont faits prisonniers en six jours. Fernand Le Prieur assiste, dans la nuit, à la traversée de Dragey par les troupes en débandade.
"Ils étaient pitoyables, poussant toutes sortes de véhicules, même des landaux d'enfants. Certains mangeaient des pommes vertes."
Les cadavres de soldats, d'animaux, s'accumulent sur les routes, c'est une puanteur,
« On va attraper la peste », s'inquiète le père Trochu, à Marcey-les-Grèves. Henri Legent enterre quelques soldats allemands près du bois de Marcey.

Textes de Michel Coupard et Jack Lecoq